Le mot « restructuration » récemment employé par la ministre Ahmed a fait chuter les obligations nigérianes

La prime de risque exigée par les investisseurs pour détenir la dette nigériane a augmenté de 0,92% après l’intervention de la ministre. Moody’s classe désormais les finances publiques du pays parmi les plus faibles au monde. Couplés aux prévisions de dévaluation de 20% du naira, ces nouveaux facteurs risquent de plonger l’économie nigériane dans le gouffre.

La ministre nigériane des Finances, Zainab Ahmed, a récemment annoncé la volonté de son pays de restructurer sa dette. Cette intervention a entraîné, dès le lendemain, la chute de la valeur des obligations souveraines du Nigeria sur le marché international. La prime de risque exigée par les investisseurs a augmenté de 92 points de base à 10,58%. Moody’s Investors Service a indiqué vendredi dernier que les finances publiques du pays étaient désormais classées parmi les plus faibles au monde.

En effet, explique Richard Segal, analyste chez Ambrosia Capital, « le simple fait de mentionner cette possibilité de restructuration suggère que les conditions de gestion de la dette sont pires qu’on ne le pensait auparavant ». Au lendemain de sa déclaration, après que les obligations nigérianes ont chuté, la ministre Ahmed a essayé de corriger le tir, mais en vain. Elle a indiqué que son pays voulait plutôt étendre la maturité des eurobonds levés sur le marché.

Sauf qu’il était « trop tard pour inverser les dommages » causés par l’intervention de la veille, a commenté Segal, cité par Bloomberg. Employés par les autorités, les mots tels que restructuration « effrayent les investisseurs », a indiqué Matias Montes, analyste chez EMFI Group Limited. Ils doivent donc « être évités » selon lui.

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