Marcello-Estevao

La Covid-19 n’est pas la cause du surendettement des pays africains (Banque mondiale)

Le surendettement des pays africains a été exacerbé par la crise de Covid-19. Il n’en est nullement pas la conséquence. C’est ce qu’indiquent des experts de la Banque mondiale, Marcello Estevao et Sebastian Essl, cités par Sika Finance.

D’après eux, « ce serait une erreur de rejeter la faute sur la pandémie (…). Car on trouvait, bien avant la Covid-19, les prémices de la situation actuelle ». Entre 2011 et 2019, la dette des pays d’Afrique subsaharienne a bondi, en moyenne, de 27%. « C’est tout simplement le résultat de mauvais choix politiques » ont-ils indiqué.

La plupart des pays africains effectuent des dépenses largement supérieures à leurs recettes. Cela les force donc à emprunter massivement sur les marchés financiers lorsqu’ils ont des projets à réaliser. Là encore, au lieu de préférer les prêts concessionnels auprès des institutions multilatérales, ils optent le plus souvent pour des créanciers proposant des taux élevés. En 2010, les prêteurs multilatéraux représentaient 56% de la dette publique des pays d’Afrique subsaharienne. En 2019, ce taux a chuté à 45%.

De plus, les emprunts réalisés par les États de la région ne servent pas aux investissements productifs. La plupart des fonds sont injectés dans le Budget pour assurer les dépenses courantes de l’État, dont notamment le paiement des salaires et des factures. À ce jour, près de la moitié des pays africains sont en situation de surendettement. 64% ont des dettes supérieures à 50% de leur PIB. Les deux économistes de la Banque mondiale préconisent que des mesures urgentes soient prises pour renforcer la mobilisation des recettes intérieures.

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