RDC : 70 % des mines seraient détenues par des opérateurs étrangers privés

« Aujourd’hui, 70 % des mines congolaises sont privatisées ». C’est ce qu’a déclaré le journaliste belge Erik Bruyland, lors d’une interview accordée au média Le Monde. Il est l’auteur du livre « Cobalt blues : La sape d’un géant », une enquête qui retrace le désastre économique et industriel de la RDC de 1960 à 2020.

D’après les explications d’Erik, cette grande part des mines congolaises est détenue par des étrangers. Il s’agit de Glencore, des Kazakhs d’Eurasian Natural Resources Corporation (ENRC), du milliardaire Dan Gertler et des Chinois. Ces « privatisations sauvages et le dépeçage du secteur minier » ont été soutenus par deux facteurs.

Le premier est relatif à la mauvaise gestion de la Générale des carrières et des mines (Gecamines) sous l’ancien président Mobutu Sese Seko. La Gecamines est la société chargée de gérer les mines congolaises. Sous le règne de Mobutu, «la Gecamines a été cannibalisée de l’intérieur » selon Erik. L’ancien président congolais s’était, en effet, servi des fonds de la société pour maintenir son régime. Du coup, « l’argent entrait et disparaissait aussitôt, sans être réinvesti dans l’outil minier ».

Le deuxième facteur ayant entraîné ces privatisations est surtout politique. Pour renverser Mobutu, l’ancien président Laurent-Désiré Kabila a dû bénéficier du soutien financier de certaines sociétés étrangères. Ces dernières devaient obtenir en contrepartie, des parts de gisements miniers sur le territoire national. C’est ainsi qu’elles « ont pris le contrôle des mines les plus importantes du pays ». 

L’actuel président congolais, Félix Tshisekedi, s’est engagé à reprendre les richesses minières congolaises au profit des Congolais. L’une des solutions immédiates selon Erik, est de « créer un fonds souverain où serait placé l’argent issu des partenariats avec les mines privatisées ». « Cela bénéficierait à la population et réduirait l’évaporation de ces revenus dans des paradis fiscaux ».

Aujourd’hui, la Gécamines qui est censée posséder ces ressources minières est « en faillite depuis des décennies ». Pis, elle détient une dette de plus de 2 milliards de dollars.

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