Le Zimbabwe doit verser 70 millions USD de dommages et intérêts à Amaplat Mauritius

L’Etat zimbabwéen devra verser 70 millions de dommages et intérêts à la société Amaplat Mauritius. Autrement, il perdra les actifs qu’il détient dans sa propre compagnie minière, la Zimbabwe Mining Development Corporation (ZMDC). C’est ce que rapporte Bloomberg d’une lettre adressée par la société mauricienne à Georges Guvamatanga. Il est le secrétaire aux Finances et au Développement économique du Zimbabwe. Dans ladite lettre, Amaplat Mauritius décrit à l’Etat zimbabwéen, la manière dont le paiement devrait être effectué.

Le Zimbabwe devra faire un dépôt de 15 millions de dollars sur un compte à la Banque centrale. Ces fonds seront ensuite rapatriés aux entreprises filiales d’Amaplat hors du pays. L’Etat devra ensuite verser en euros, l’équivalent de 30 millions USD sur un compte bancaire international détenu par Amaplat. Le montant restant, soit 25 millions USD, sera payé sous forme d’actifs miniers au Zimbabwe.

« Il y a des discussions entre Amaplats, le ministère des Mines et le ZMDC, et celles-ci avancent très, très bien, même si rien n’a été conclu ». C’est la réponse qu’a donnée le secrétaire Georges aux médias suite à une demande de commentaire. L’affaire en question remonte à dix ans. La société Amaplat Mauritius avait conclu un accord avec l’Etat zimbabwéen pour prospecter et développer des mines de platine et de nickel.

Pour ce faire, les deux parties se sont constituées en coentreprise avec une autre société également mauricienne dénommée Amari. Les actifs de l’Etat au sein de la coentreprise étaient détenus par sa compagnie publique, la ZMDC. Cette dernière a par la suite accusé les deux autres coactionnaires de la coentreprise de corruption. Elle leur a adressé une lettre le 10 novembre 2010.
Elle y indiquait que la « relation de corruption » entre les deux sociétés mauriciennes « a indûment influencé la signature » des accords sur la platine et le nickel. Raison pour laquelle, « notre relation a pris fin pour les propriétés de platine et de nickel » avait conclu la ZMDC. La décision unilatérale ne convenait pas aux deux autres sociétés qui se disaient innocentes. Elles ont alors porté l’affaire à un arbitrage international. Une bataille judiciaire que l’Etat zimbabwéen a fini par perdre.

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