Le réchauffement climatique mondial atteint désormais des niveaux sans précédent selon le GIEC

Les conséquences du réchauffement climatique affectent d’ores-et-déjà toutes les parties du monde. C’est ce qui ressort du nouveau rapport publié aujourd’hui par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Les scientifiques du Groupe alarment la Communauté internationale sur l’état des lieux du réchauffement climatique. D’après eux, les conséquences actuelles sont sans précédent.

Le GIEC accuse l’Etre humain d’être à la base de ce changement climatique datant de la période préindustrielle. La culpabilité de l’Homme, longtemps restée « probable » est désormais « indiscutable » selon les scientifiques. L’émission des gaz à effet de serre s’est accrue depuis le 19e siècle notamment avec l’utilisation des combustibles fossiles. Les conséquences de ces activités sont là. Certaines sont carrément irréversibles : le niveau des océans va continuer de monter et la fonte des glaces se poursuivra.

Pire, les catastrophes climatiques s’abattront sur nous en cascade. C’est ce qui risque d’arriver si nous ne changeons pas la situation dès maintenant. Christophe Cassou résume bien l’idée en déclarant que « le changement climatique est un voyage sans retour ». Il est le directeur de recherche du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) au Centre européen de recherche et de formation avancée en calcul scientifique (CERFACS). Nous (les humains), poursuit Christophe, pouvons décider aujourd’hui « de notre chemin futur ».

Cette année déjà, le monde a enregistré des catastrophes naturelles inédites. Des incendies d’envergure aux Etats-Unis, au Canada, en Grèce et même en Russie (une première), des sécheresses et canicules en Amérique du Nord, la famine dans des pays africains, des inondations meurtrières en Allemagne et en Belgique, des déluges en Inde et en Chine. La liste est bien trop longue pour l’année en cours.

Selon le rapport, l’objectif de l’Accord de Paris sur le climat ne serait pas atteint à l’allure où vont les choses actuellement. Cet objectif est de réduire le réchauffement climatique en-dessous de 2°C à court terme, puis à 1,5°C plus tard. L’une des raisons pour lesquelles ce but ne serait pas atteint se traduit déjà par le fait que la moitié des signataires de l’Accord de Paris n’ont pas révisé à la hausse leurs engagements de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Or, « sans réduire fortement, rapidement et durablement nos émissions, la limitation du réchauffement à 1,5°C sera hors de notre portée » martèle Valérie Masson-Delmotte. Elle est paléoclimatologue et directrice de recherche au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies (CEA).

Les mesures de correction qu’engageront les Etats du monde dès maintenant, ne seront cependant pas bénéfiques à l’humanité de sitôt. « (…) Si nous agissons maintenant, nous verrons des effets d’ici dix à vingt ans » déclare Valérie. Pour y parvenir, le GIEC recommande une fois encore la stabilisation de la température globale via la neutralité carbone.

« Si l’on est pas en mesure d’arrêter net nos émissions, on va avoir besoin de retirer du CO2 de l’atmosphère » préconise Sophie Szopa. Elle est chercheuse au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement et co-auteure du rapport. Retirer du dioxyde de carbone de l’atmosphère passe entre autres par la plantation de forêts et la capture directe du gaz dans l’air. Il faudra aussi « agir rapidement et durablement sur les émissions de méthane, qui a une durée de vie pour courte que le CO2 ».

Il s’agit désormais d’une « alerte rouge » pour l’humanité selon le secrétaire général de l’ONU. Antonio Guterres pense que « les pays devraient (…) mettre un terme aux nouvelles explorations et production d’énergies fossiles et déplacer les subventions aux énergies fossiles vers les renouvelables». Il demande d’ailleurs à ce qu’aucune centrale à charbon ne soit construite après 2021. Pour le patron de l’ONU, « (…) il n’y a pas le temps d’attendre et pas de place pour les excuses».

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